Le ministère des Armées lance la réalisation des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de 3e génération

Cela étant, outre le fait que le développement d’un SNLE est un défi technologique en soi [il s’agit de faire cohabiter une centrale nucléaire avec un centre spatial dans un tubes de 150 mètres de long], anticiper les menaces futures est un exercice des plus délicats, d’autant plus que l’état de l’art en matière de détection sous-marine évolue en permanence.

Qui plus est, de nouvelles pistes sont apparues récemment, comme la détection des antineutrinos émis par les sous-marins à propulsion nucléaire ou encore le recours à un satellite doté d’un LIDAR Laser Imaging Detection And Ranging] associé à un radar micro-ondes, ce qui permettrait, théoriquement, de détecter des objets sous-marins jusqu’à 500 mètres de profondeur. Tel est, en tout cas, l’objectif du programme chinois « Guanlan », qui mobilise une vingtaine d’universités et d’instituts de recherche.

Si la première piste semble hors de portée pour le moment [elle exige des équipements très imposants], la seconde serait plus accessible. « Il sera sans doute aussi possible, à terme, de détecter depuis l’espace le fouillis de surface provoqué par le déplacement d’un sous-marin navigant même à très faible vitesse et à grande profondeur, alors que le phénomène est quasiment indécelable aujourd’hui », avait en effet expliqué Laurent Collet-Billon, ancien Délégué général pour l’armement, en 2014.

Une autre menace pourrait bien être la généralisation de navires autonomes qui, dotés de capteurs toujours plus performants et fonctionnant en réseau, pourraient sillonner les mers à la recherche des sous-marins.

Quoi qu’il en soit, le ministère des Armées n’a donné aucune évaluation du coût relatif au programme SNLE 3G. La seule donnée que l’on connaît à ce sujet est le montant du budget alloué à la dissuasion nucléaire, ce dernier devant passer de 3,9 à environ 5,5 ou 6 milliards d’euros, à valeur 2017 constante, d’ici 2025.